De l'aurochs au boeuf domestique

Alors que les êtres humains du Paléolithique chassaient les aurochs et les bisons et les peignaient sur les murs de leurs grottes à l’époque glaciaire, le réchauffement climatique du début de l’Holocène, il y a 12000 ans, a permis un changement de paradigme qui a été initié en Asie du Sud-Ouest, dans le Croissant Fertile, où a été progressivement inventé l’élevage et l’agriculture. Cette révolution Néolithique a contribué aux changements de mode de vie et d’organisation de la société qui ont aboutis aux sociétés modernes.

L’histoire évolutive de la relation humain-animal au cours de la domestication diffère pour chaque espèce animale. Le couplage des regards apportés par l’archéologie et la génétique élargit considérablement la perspective que l’on peut avoir sur ces évènements. La paléogénétique et la paléogénomique permettent de suivre les évolutions des populations animales et les transformations progressives de leurs gènes et de leurs caractères en apportant de multiples informations qui échappaient aux approches morphologiques antérieures. Par contre, une collaboration étroite entre disciplines est essentielle pour pouvoir interpréter pleinement les données multiples est faire émerger une vision cohérente du passé. Les données paléogénétiques peuvent apporter un éclairage nouveau important pour différentes disciplines scientifiques, l’archéologie comme la biologie de l’évolution ou la génétique animale à visée d’amélioration des variétés d’élevage. Ces différents points seront abordés en particulier sous l’angle de la domestication de l’aurochs, l’ancêtre sauvage, aujourd’hui disparu, des bœufs domestiques.